Inès Zourdani

Méthode · quatre appuis

Une pédagogie centrée sur l’élève,
pas sur son niveau.

Accompagner chacun à son rythme n’est pas une intention généreuse : c’est une affaire de dispositifs. Voici les quatre sur lesquels je m’appuie, et d’où ils viennent. Aucun ne fonctionne seul.

Appui 01

Se souvenir, c’est reconstruire

Relire et surligner donnent l’illusion de savoir. J’enseigne à mes élèves la récupération en mémoire — écrire ce qu’on sait avant d’ouvrir le cours — et l’espacement des reprises. C’est plus lent, plus difficile, et c’est précisément pour cela que ça tient.

Roediger & Karpicke · Gerbier & Koenig · Gagnon
Appui 02

Des groupes où chacun a une charge

Un travail de groupe sans rôles attribués laisse les rapides faire et les timides disparaître. Chaque élève reçoit une responsabilité — gardien du temps, distributeur de parole, référent de la consigne, rapporteur — et le groupe s’auto-évalue à la fin.

Sylvain Connac, La Coopération entre élèves
Appui 03

L’aide qu’on va chercher soi-même

Je dépose sur le bureau des aides graduées : comprendre le document, rédiger la réponse. L’élève identifie son besoin et se lève. Rien n’est distribué d’office, rien n’est refusé. Le geste de demander est déjà un apprentissage.

Différenciation par le support et la consigne
Appui 04

« Tu as de bonnes raisons de le penser »

Un élève qui se croit nul a construit cette croyance sur des expériences réelles. La nier l’enferme. Je l’accueille — puis je lui montre les compétences que j’ai déjà vues chez lui. Accepter la personne, sans accepter le comportement.

Daniel Favre, postulat de cohérence · Bandura

Point de départ

Je suis entrée dans le métier par les archives.

Avant d’enseigner, j’ai cherché des documents. Un mémoire de master sur le droit de la propriété intellectuelle au temps des écrivains naturalistes m’a appris ce que les manuels ne disent pas : qu’une source ne se donne jamais d’elle-même, qu’il faut parfois des semaines avant de tomber sur la pièce que l’on cherchait, et qu’une fois trouvée, elle ne signifie rien tant qu’on ne l’a pas interrogée.

C’est exactement ce que je demande à mes élèves. Un document en classe n’est pas une illustration du cours : c’est une pièce à conviction. Ma première prise de poste m’a d’ailleurs servi de leçon — je croyais que le cours magistral suffisait à captiver, j’ai vu l’ennui s’installer. J’ai reconstruit ma pratique à partir de là.

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